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Seigneur, donne-nous ton Esprit, pour bâtir ton royaume

« Sortez, ô mon peuple, quittez-la, de peur que, solidaires de ses fautes, vous n’ayez à pâtir de ses plaies ! Car ses péchés se sont amoncelés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités.” (Ap 18:4-5)

A l’heure de ces déferlantes de révélations scandaleuses et nauséabondes, beaucoup sont tentés d’attraper à bras le corps ce verset de l’Apocalypse comme une invitation, et même une injonction à s’éloigner de l’Église, et plus particulièrement de l’Église catholique.

Il suffit de relire son histoire pour se rendre compte que, des donatistes du IIIe siècle en passant par la Réforme de Luther et de ceux qui s’en réclament, ou le schisme de Mgr Lefèvre, l’armée des séparateurs du pur et de l’impur n’a jamais fait défaut.

Pour tout dire, on pourrait croire que Dieu abonde dans ce sens car, alors que Moïse redescend du mont Sinaï avec les tables de la loi et qu’il voit son peuple sacrifier au veau d’or et se divertir, ne lui dit-il pas : « « J’ai vu ce peuple ; c’est un peuple à la nuque raide. Maintenant laisse-moi, ma colère va s’enflammer contre eux et je les exterminerai ; mais de toi je ferai une grande nation » ? (Ex 32:9-10)

Quel était ce peuple que Dieu dit vouloir rejeter avec tant de force ? N’étaient-ce pas ceux qui étaient passés sous la nuée, ceux qui avaient traversé la mer ? Ceux qui avait été délivrés de l’esclavage ?

Saint Paul n’hésite pas à le dire : « Ces faits se sont produits pour vous servir d’exemples, pour que nous n’ayons pas de convoitises mauvaises, comme ils en eurent eux-mêmes. » (I Cor. 10:6)

Une autre manière de traduire ce verset : « Or ces choses ont été des figures de ce qui nous concerne. »

Quand saint Paul nous dit, toujours en parlant de la sortie du désert, en 1 Cor. 10 : « Tous ont mangé le même aliment spirituel et tous ont bu le même breuvage spirituel, ils buvaient en effet à un rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher c’était le Christ. Cependant, ce n’est pas le plus grand nombre d’entre eux qui plut à Dieu, puisque leurs corps jonchèrent le désert. »

Nous comprenons bien, par-là, que la libération de l’esclavage de l’Égypte annonce notre rachat par la croix du Christ, que la manne du désert est préfiguration du vrai pain de vie que proclame être Jésus lui-même, que le breuvage spirituel, n’est autre que la promesse de l’Esprit Saint qui nous remplit aujourd’hui. (Ep 5:18) 

Eh bien, Moïse n’accepte pas et refuse catégoriquement le droit à Dieu d’exterminer son peuple et va même jusqu’à le menacer de Lui faire retirer son nom du Livre de Vie s’il ne revient pas sur sa décision.

N’en doutons pas, Dieu connaissait le cœur de Moïse et il est certain que cette menace d’extermination était pédagogique et épreuve de Dieu, de même que la demande qu’il fit à Abram de lui sacrifier son fils.

Moïse fit donc le choix (et ainsi le choix de Dieu) de rester avec son peuple et de travailler de l’intérieur au détriment d’une solution de facilité consistant à tout reprendre à zéro avec des purs. Cela passa, certes, par une grande purification que les oreilles délicates de nos contemporains ne souhaitent pas entendre, mais qui fait pourtant partie de la vie du peuple de Dieu, de Moïse à l’Église d’aujourd’hui et qu’il n’est pas permis d’ignorer.

Alors, que faire ? La Parole de Dieu ne nous dit-elle pas : « Sortez, ô mon peuple, quittez-la, de peur que, solidaires de ses fautes, vous n’ayez à pâtir de ses plaies ! Car ses péchés se sont amoncelés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités. » (Ap 18:4-5)

Oui, elle le dit. Mais elle donne également cette magnifique parabole qu’il nous faut apprécier en son entier :

« Il en va du Royaume des Cieux comme d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l’ivraie, au beau milieu du blé, et il s’en est allé. Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l’ivraie est apparue aussi. S’approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : Maître, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ? Il leur dit : C’est quelque ennemi qui a fait cela. Les serviteurs lui dirent : Veux-tu donc que nous allions la ramasser ? Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l’ivraie, d’arracher en même temps le blé. Laissez l’un et l’autre croître ensemble jusqu’à la moisson ; et au moment de la moisson, je dirai aux moissonneurs : ramassez d’abord l’ivraie et liez-la en bottes que l’on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. » (Mt 13 : 24-30)

Comment donc réconcilier ces textes qui peuvent sembler si opposés ? Eh bien, c’est en fait tout simple. Pour cela, il suffit de comprendre que le texte de l’Apocalypse s’adresse à nos générations et à nous-même personnellement, bien avant de concerner des dates et des lieux historiques. Pour faire court, quand saint Jean nous dit : « Sortez, ô mon peuple, quittez-la, de peur que, solidaires de ses fautes, vous n’ayez à pâtir de ses plaies ! Car ses péchés se sont amoncelés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités. » (Ap 18:4-5), comprenons-le avant tout comme une invitation à une purification personnelle de nos âmes, à purifier nos mains, à sanctifier nos cœurs (Jc 4:8), à nous approcher du soleil de justice. C’est, avant tout, un texte qui parle de notre sanctification personnelle.

Partant de là, quand Jésus nous parle du royaume qui est au milieu de nous (aussi traduit en dedans de nous), voyons-y également une invitation à persévérer dans notre croissance avec ceux qui veulent croître et à faire confiance à Dieu qui a dit que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre Son Église.

Voyons-y une invitation à persévérer comme Moïse qui n’abandonna pas le navire, mais qui s’agrippa au gouvernail pour ne point le lâcher, de même que nous sommes encouragés, nous aussi à nous accrocher aux trois blancheurs (L’Eucharistie, l’Immaculée Conception et le Saint Père) afin de ne pas sombrer. *

Ainsi, nous ne serons pas tentés de faire le jeu du « diviseur », car « nul maison, divisée contre elle-même, ne saurait se maintenir. » (Mt 12:25) Ne soyons donc pas de ceux qui détruisent, mais de ceux qui bâtissent, à l’image de saint François d’Assise qui reçut  cette parole du Seigneur : « Rebâtis mon Église ».

À ceux qui, comme le psalmiste, disent :« Si les fondations sont ruinées, que peut faire le juste ? » (Ps 11:3), répondons-leur : « Si ton ennemi a faim, donne lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête » (Rom 12:20) 

Ces charbons ardents, signes de remords et de repentir, nous devons les demander ardemment dans notre prière « afin qu’aucun ne périsse, mais que tous parviennent au repentir ». (2 Pi. 3:9)

Seigneur, donne-nous ton Esprit, pour bâtir ton royaume.

* https://www.infocatho.fr/les-trois-blancheurs-eucharistie-marie-pape-le-songe-de-don-bosco/

Denis